recommencent le procédé jusqu’à ce qu’un mouvement naturel apparaisse sur l’écran de l’ordinateur”. Ensuite le résultat est exporté dans iMovie, le logiciel de montage vidéo. “On y ajoute de la musique, des bruitages, ... le tout sera transféré vers iDVD pour y être gravé.” Les enfants pourront retourner à la maison avec le résultat final, “car c’est très important et génial à la fois de pouvoir regarder sur le lecteur DVD de la maison ce qu’on a fait à l’école. Ils font quelque chose pour les autres et pas simplement pour eux-mêmes.”
Mais Guy Robben ne s’arrête pas là. Le site qu’il a créé sur Internet avec ses élèves grâce au logiciel iWeb regorge de trésors en tous genres. Photos, comptes rendus et séquences vidéo relatent la vie animée de sa classe de sixième année. Une place de choix est réservée aux podcasts auxquels les parents peuvent s’abonner gratuitement. “J’ai mis en place une “Radio PodClasse” sur laquelle on trouve des histoires écrites par les enfants. Le Podcast permet notamment aux parents d’être tout de suite au courant lorsqu’il y a une mise à jour du site”.
La passion des sciences par la vidéoLuc Viatour est professeur de mathématiques et de sciences économiques à l’Institut Saint Joseph de Ciney. Il fait partie du programme ADE depuis un an et demi.
« Pour lui, l’ordinateur ne remplace ni les livres, ni le tableau. C’est un outil qui permet à l’enseignant d’enrichir sa leçon et de développer la créativité des élèves. Exemple : le cours de sciences, en deuxième rénové. A l’image de l’émission de télévision « c’est pas sorcier », les écoliers créent de mini séquences vidéo destinées à illustrer un phénomène scientifique. Ils effectuent les recherches nécessaires sur Internet, ils conçoivent le matériel pour l’expérience, puis la réalisent sous l’oeil attentif de la caméra. Le travail, réparti par équipe de 3 élèves, dépasse le cours de sciences en lui-même puisqu’il inclut la conception du scénario, l’écriture des dialogues, … Bref, tout ce qui permettra au film d’être captivant une fois monté et gravé sur DVD. L’ordinateur est ici considéré comme « un incitant à travailler et à mener des recherches ». Luc Viatour est enthousiaste : “ On aurait pu demander aux élèves de faire un simple exposé sur l’eau. Mais réaliser des séquences vidéo sur le sujet offre une tout autre dimension, avec une touche de magie supplémentaire.”
Le Mac à l’école peut être employé de bien des manières. Andrée Calomne, qui enseigne depuis 25 ans à l’Institut Notre Dame du Rosaire à Bressoux (région liégeoise), utilise l’ordinateur dans le cadre d’un cours de français bien particulier. « La langue française est une seconde langue pour la plupart des enfants de notre école. Ils ont besoin d’un encadrement différent pour travailler l’expression orale et écrite. » Andrée Calomne se sert de son propre portable – un
PowerBook G4 - qu’elle utilise dans un but précis : apprendre aux enfants à identifier chaque mot présent dans une phrase. Une étape cruciale pour permettre aux petits de première primaire à rattraper le niveau de leurs camarades francophones.
“Avec une méthode classique, les enfants doivent recopier une phrase et isoler chaque mot qu’ils rencontrent. En utilisant l’ordinateur, il n’est plus nécessaire de produire l’acte graphique qui peut poser problème : les élèves se concentrent uniquement sur la césure des mots en déplaçant simplement le curseur sur la phrase. En cas d’erreur, ils ne doivent pas effacer la phrase et tout recommencer. Le Mac est ici un outil qui me permet de me concentrer exactement sur la tâche que je me suis fixée.”
Une part de rêveImpliquer les élèves dans un projet multimédia a pour effet de les motiver davantage : “Créer, plutôt que d’apprendre passivement un traitement de texte ou un tableur, est très stimulant pour l’élève”, constate Luc Viatour de Ciney. “La perspective d’un produit fini comme résultat est importante et le Mac leur donne une part de rêve, car il leur offre l’espoir de créer ce produit fini assez facilement, ce qui n’est pas le cas sur PC. Pour la création de films, de diaporamas, la suite iLife est sensationnelle et sans équivalents à ma connaissance. Quand je parle de iMovie à mes collègues et que j’essaye de les convaincre de l’utiliser, ils me disent qu’ils se sentent incapables de monter un film ! Alors, je leur demande s’ils savent jouer au Scrabble. Parce qu’utiliser iMovie, c’est déplacer des vignettes sur un écran, comme des lettres dans le jeu de société ».
Cette crainte générale liée à l’informatique est répandue. “J’ai constaté que de nombreux collègues étaient intéressés, mais ils ont peur d’être pris au dépourvu face à des élèves qui en savent plus qu’eux”, observe Luc Viatour. Ne pas pouvoir maîtriser la situation constitue une source d’angoisse chez de nombreux enseignants : “Et si on me pose une question à laquelle je ne peux pas répondre ?”