“Certains collègues ne perçoivent pas la différence qu’un ordinateur peut amener dans leur travail”, insiste Andrée Calomne de Bressoux. “Or c’est une question pédagogique. Certains préfèrent les PC aux Mac ? C’est une excuse pour ne pas franchir le pas », dit-elle. « La majorité des enseignants savent se servir d’un traitement de texte ou d’une messagerie. Mais quand on leur demande s’ils l’utilisent à l’école, la réponse est négative. Même ce qu’ils connaissent, ils ne le réinvestissent pas en classe. Donc, je pense qu’il faut prendre la peine de réfléchir et de se demander ce que ces machines peuvent nous apporter concrètement.”
Une nouvelle philosophiePour Andrée Calomne, l’utilisation de l’ordinateur est une nouvelle philosophie de l’apprentissage. “Chaque enfant est unique et connaît des besoins différents. Il faut donc accepter que certains d’entre eux n’aient pas les mêmes activités que d’autres, car ils n’ont pas les mêmes besoins au même instant. L’informatique permet de trouver une solution à ce problème d’organisation. Dans le cas de mon école, les élèves qui savent lire en entrant en deuxième année n’ont pas les mêmes activités que ceux qui connaissent de grosses difficultés. Les classes sont réparties en 4 groupes aussi petits que possible pour les enfants en grandes difficultés. Le but est qu’ils évoluent de groupe en groupe pour accéder au groupe ultime qui correspond au niveau normal d’une deuxième année primaire. Dans ce cadre, le Mac est un outil, comme un livre ou un crayon. Le plus grand succès que j’ai obtenu grâce à l’ordinateur est celui d’une fillette arrivée en septembre dernier. Elle recommençait sa deuxième année et avait accumulé d’énormes lacunes en lecture. Et au dernier spectacle de fin d’année, elle a lu la poésie qu’elle avait choisie ! Bien sûr, ce n’est pas grâce à l’ordinateur uniquement, mais il y est pour quelque chose, j’en suis convaincue”.
Une émotion partagée par sa collègue de Bressoux, Bernadette Thiry. Enseignante depuis 18 ans, elle encadre les enfants dans la salle informatique. Au travers de nombreuses activités sur Mac, elle réalise avec les élèves de différentes classes des films et des diaporamas qui seront utiles pour des élocutions ou pour montrer aux parents le travail accompli. “J’adore voir le résultat de ce que nous réalisons ensemble et je trouve tellement magique de croiser le regard d’un enfant qui se voit pour la première fois sur l’écran”, confie-t-elle. “Quand on voit les élèves travailler activement sur les ordinateurs, on se rend compte que le but sera atteint : celui de lui faire adopter une démarche personnelle pour arriver à un résultat concret.” Bernadette Thiry travaille en ce moment avec les élèves de 6e primaire sur un projet concernant les dangers de l’Internet. “Internet est tellement répandu
aujourd’hui qu’on en oublie qu’il peut aussi représenter un danger”. Et c’est décidé, le prochain défi sera de réaliser un podcast créé par les enfants, destiné à mettre en garde leurs amis et leurs parents !
ADE : Des enseignants soudés“Je suis ADE et c’est vraiment génial”, explique Luc Viatour. “On se retrouve avec plaisir lors de formations pour apprendre un logiciel ou dans des écoles, pour donner nous-même une explication à des collègues, ou tout simplement autour d’une table de restaurant ! Nous avons tous le même esprit enthousiaste”. “J’adore mon métier et j’ai envie de communiquer ma passion à d’autres collègues !” enchérit Guy Robben. “En plus, cela me permet de rencontrer d’autres professeurs, d’échanger des idées, ... c’est très enrichissant”.
“Nous pouvons compter sur Apple pour nous soutenir”. Bientôt l’Institut Saint Joseph de Ciney accueillera une centaine d’enfants venus de l’étranger pour un échange scolaire : plusieurs enseignants “ADE” viendront sur place. Ils apprendront aux enfants comment créer des vidéos ou des podcasts destinés à montrer à leurs familles comment se déroule le séjour.
Apprendre c’est oserL’informatique à l’école ne serait sans doute rien sans la motivation de certains professeurs qui n’hésitent pas à s’investir encore et toujours dans ce métier qu’ils adorent : “Essayez par vous-même, observez le regard des enfants et mesurez les résultats obtenus”, conclut Andrée Calomne. “On se rend compte qu’on peut faire tant de choses avec la machine et bien plus facilement. Et puis essayer, c’est aussi découvrir un autre monde”. Rendez-vous l’été prochain pour la deuxième édition de “Déclic Numérique” !