Foster the People : une ascension fulgurante

« Ce deuxième album est beaucoup plus sophistiqué que le premier, déclare Mark Foster. Nous avons eu plus de temps et de ressources à y consacrer, et le groupe a vraiment pris forme. Alors nous essayons un tas de choses. Hier, ils étaient tous les quatre réunis sans moi pour une séance d’impro d’une journée. J’ai proposé quelques petits scénarios, comme de s’arrêter toutes les dix minutes et d’échanger les rôles. »

Alors que le groupe élargit la portée de ses expériences sonores, Logic Pro fait office de catalyseur créatif. « Au cours de nos sessions des derniers mois, que ce soit pour faire des remix pour d’autres artistes ou pour composer de nouveaux titres, nous n’avons cessé de nous refiler des tuyaux Logic et de nous faire progresser les uns les autres. Ça nous a aidés en studio, et je crois qu’on a vraiment évolué en tant que producteurs. »

Tambour battant

Comme l’un des buts essentiels du disque est de capturer les éléments percussifs si caractéristiques de leurs concerts, Isom Innis et Mark Pontius ont joué ensemble dans un autre studio de Los Angeles, « avec des tonnes de percussions ». Percussionniste polyvalent, Isom Innis a trouvé l’approche stimulante. « C’était un peu le paradis, se souvient-il. On avait tellement de matériel. Une énorme grosse caisse d’orchestre. Six batteries. On a absolument tout exploité. »

Pendant que Mark Pontius jouait de la batterie en suivant une piste de métronome, Isom Innis écoutait avec une console de DJ et prodiguait des conseils à son compère en temps réel. « Je lui disais de modifier ses motifs à la grosse caisse et ses rythmes, juste en me basant sur ce qui sonnait bien dans les salles », explique Isom Innis.

Ces sessions de trois jours ont donné lieu à 180 Go de pistes de percussions. Il a fallu deux ingénieurs pour les classer et les monter dans Logic Pro. « On s’est retrouvés avec plein de styles différents, poursuit Isom Innis. Nous sommes en train d’écouter les motifs et échantillons de batterie, puis d’isoler les meilleures phrases de quatre ou huit mesures pour les transformer en boucles Apple Loops. »

Isom Innis précise que la fonctionnalité de Logic qu’ils ont le plus utilisée durant ces sessions est Convertir les régions en une nouvelle piste d’échantillonneur. « Nous l’utilisons pour créer nos propres instruments, en échantillonnant d’autres disques ou nos propres interprétations. Pour la batterie, mais aussi pour la basse et le synthé, je m’en sers pour créer des choses très différentes. » Mark Foster acquiesce et ajoute : « J’aime bien l’utiliser sur la voix. J’isole une phrase vocale insolite, je l’affecte au clavier et je peux la jouer dans toutes les tonalités. J’utilise les échantillons un peu comme un effet de percussion. »

L’espoir du groupe, c’est que la collaboration intense en studio fasse émerger un son différent pour le nouvel album. « Lorsque j’écris, je commence toujours par la batterie, explique Mark Foster, mais je ne l’avais jamais fait comme cette fois-ci, où tous les échantillons de batterie sont produits par nos gars en interne. Lorsque tous ces sons de batterie seront montés, je pourrai transformer les boucles, les beats et les sons isolés en batteries EXS24, et m’en servir pour composer. »

Recours à la boîte à outils

Pour écrire et interpréter ses morceaux, le groupe exploite presque exclusivement des instruments logiciels. Et comme Mark Foster aime personnaliser ses sons, il compte beaucoup sur la possibilité d’enregistrer tous les modules qui les façonnent sous la forme d’un réglage de tranche de console unique. Chaque réglage associe l’instrument logiciel aux modules d’effets qui contribuent au son. « J’ai toute une palette de sons que je peux utiliser ou facilement modifier », déclare-t-il.

Pour créer les sons de l’album, Isom Innis explique qu’ils font également un usage intensif de l’échantillonneur EXS24. « Je sais que plein d’échantillonneurs peuvent donner une couleur un peu bizarre au son, mais ce n’est pas le cas de l’EXS24. Sur les pistes, la basse est tellement claire, et le feeling naturel fonctionne parfaitement avec les batteries synthétisées. Tous ceux qui le connaissent l’utilisent en permanence. Il est beaucoup plus puissant qu’on ne pourrait le croire. »

Les premières phases de montage des nouveaux enregistrements renvoient Mark Foster vers sa fonctionnalité Logic fétiche, Flex Time, qui lui permet de manipuler rapidement la synchronisation et le tempo des pistes. « Si je n’avais pas Flex Time, je me sentirais très handicapé pour réaliser mes disques. Je travaille sur un morceau qu’il fallait accélérer de deux battements par minute, alors que nous avions déjà couché les cuivres et d’autres sons. Il a suffi de corriger le tempo avec Flex Time. »

Mark Foster sur scène. Crédit photo : Andy Barron.

Du studio à la scène

Alors que le groupe reprend sa tournée mondiale, il utilise MainStage pour apporter sur scène toute la richesse du son produit en studio. MainStage lui permet de remplacer des armoires entières d’appareils sophistiqués par un simple MacBook Pro. Et comme MainStage peut ouvrir directement les modules et réglages utilisés dans les projets Logic, le groupe dispose sur scène des sons qu’il a utilisés en studio.

« Nous sommes en mesure d’exploiter sur scène la plupart des sons synthétisés que nous avons enregistrés pour Torches, au lieu d’essayer de les recréer avec un autre clavier, souligne Mark Foster. Nous pouvons donc utiliser les sons précis du disque. C’est essentiel pour nos concerts. »

À la fin de la tournée, cet été, le groupe prévoit de retourner directement en studio pour finir l’album. Pour Mark Foster, « sur le plan créatif, le groupe imprime de plus en plus sa marque. J’ai hâte de voir ce qui va en sortir, parce que ce sera mieux que ce que j’aurais pu faire seul. J’aurais pu m’enfermer à nouveau dans un studio pour composer cet album, mais je sais que le résultat sera bien meilleur si nous y contribuons tous. »