Toon Grobet : Épurer les formes dans un jeu d'ombres et de lumières
« Il maestro è qui ! » résonnait lors de son arrivée au dernier Orvieto Fotografía en Italie. Et, à l’occasion du congrès des photographes professionnels dans la ville française de Deauville, il a été présenté au célèbre Douglas Kirkland de la manière suivante : « Voici le photographe d’architecture belge que vous vouliez rencontrer. » Il fait partie des meilleurs photographes au monde. Toon Grobet a près de 40 ans et il a toujours recherché avec passion le moment qui révèle l’âme d’un bâtiment ou d’un intérieur.
« Je me rappelle encore très bien de mon premier travail avec des formes abstraites. » A cette époque, Toon Grobet était un jeune photographe indépendant. Il construisait, dans son garage, des cubes et des formes quand soudain son père entra dans la pièce et lui dit qu’il avait tout faux. Son père était architecte. Ils ont passé une heure entière à rechercher la bonne composition – avec une lampe ! « A cet instant, j’ai compris … Je suis passé derrière la lumière. » Et rien n’a changé aujourd’hui. « Parfois, certains de ces moments ne durent qu’une ou deux minutes. Lorsqu’ils sont passés, la photo devient banale. »
Biecorff - Toon Grobet.
Qu’est-ce qui différencie Toon des autres photographes ? « Je veux épurer les formes et tenter de comprendre l’architecture. » Le résultat est un jeu d’ombres et de lumières qui donne souvent une vision étonnante de l’ensemble. « L’une de mes images favorites est un escalier dans un loft de l’architecte Suson Ingber. Sur cette photo, on ne voit même plus l'escalier. »
« Parfois, certains de ces moments ne durent qu’une ou deux minutes. Lorsqu’ils sont passés, la photo devient banale. »
Lors de chaque projet, Toon parcourt le bâtiment et prend quelques images de repérage. Il peut alors se faire une vue d'ensemble. Ensuite, il va s’imprégner du bâtiment pour arriver, à la fin de la journée, à une interprétation très déterminée du bâtiment. Il recherche un détail de l’architecture qui nous parle de l’ensemble. Cela revient à trouver le bon point de vue et d’attendre la lumière voulue : « Parfois, je sais que je n’ai plus qu’une heure à attendre et que je pourrai ensuite prendre ma photo. » Mais, cela peut également dire qu’il ne fera pas ses photos au cours de cette journée, ni au cours de la suivante, mais qu'il devra encore attendre quelques semaines.
« Sans la postproduction, des images importantes ne seraient pas exploitées. Et puis on peut alors moins bien rendre l’histoire du bâtiment. »
L’avènement de la photographie numérique n’a pas changé grand-chose à sa façon de travailler. En effet, la technique reste la même : la lumière, la bonne position de l’appareil. Mais, ce qui a énormément gagné en importance, c’est la postproduction. « Il est vrai que je fais davantage de photos, mais pas énormément plus qu’auparavant. Parce que je sais précisément ce que je recherche », dit-il. « Je passe surtout beaucoup de temps en postproduction ! Sans la postproduction, des images importantes ne seraient pas exploitées. Et puis on peut alors moins bien rendre l’histoire du bâtiment. »
Malheureusement, les clients ne perçoivent pas souvent l’importance de la postproduction. Mais, pour Toon, cette étape est essentielle. « Le matériel et les logiciels que j’utilise pour ce faire sont de la meilleure qualité. Je ne peux pas m’améliorer à ce niveau. » Cela fait maintenant huit ans que Toon travaille avec Apple. «
Mon premier Powerbook G4 s’en sort encore bien. Essayez de faire cela avec un PC ! », dit-il en riant. « Entre-temps, je me suis encore équipé d'un G5, d'un quadri-processeur et d'Aperture et je ne veux absolument pas faire machine arrière », conclut-il. Il emporte toujours son iPod afin de pouvoir montrer ses photos. Toon sourit : « On ne sait jamais qui pourrait voir ces photos, n’est-ce pas ? »
« Tout doit être exploitable et contrôlable »
L’un des photographes d’architecture les plus célèbres au monde est le Belge Toon Grobet. Depuis 2004, il travaille en numérique dans un système entièrement intégré. Son équipement comprend un Canon 1DS Mark II, un PowerBook G4, un Power Mac G5 biprocesseur et un quadri-processeur. La postproduction se fait principalement dans Aperture. Il rêve d'avoir un studio mobile dans sa Mercedes Vito : « Imaginez ! Un bureau derrière ma voiture dans lequel je fais installer mon Mac Pro avec tous ses accessoires. Je pourrais ainsi travailler mes images sur place. Ce serait formidable, non ?! »
Ce système intégré dont parle Toon, c'est Aperture d’Apple. « Il me permet de travailler avec rapidité et précision et de contrôler moi-même toute la postproduction ». C’est ce qu'explique Toon Grobet sur son site Web. La postproduction est un point important et délicat pour de nombreux photographes. Toon utilise un Canon 1DS Mark II, un appareil photo de 16,7 méga pixels. En extérieur, Toon enregistre les images RAW sur les cartes mémoires de 2 gigabits qu’il transfère ensuite par FireWire vers son PowerBook : « Ainsi, je peux montrer mon travail directement à mes clients. C'est une façon de faire qu'ils apprécient ! »
Toon consacre une grande partie de son travail à la postproduction qui revêt une importance capitale pour lui. Non pas pour altérer la vérité ou pour l’embellir, mais pour sublimer de manière optimale le jeu de couleurs, de lumières, d’ombres et de formes. « La gestion des couleurs est très importante pour nous ! Et Apple est le premier à en avoir compris l'importance », déclare le photographe.
Toon a coutume de dire : « Si vous travaillez de manière entièrement numérique, vous devez faire en sorte que tout reste exploitable et contrôlable ». « Par exemple, lorsque j’ai réalisé le livre de l’architecte Crepain, j’ai dû visiter en deux mois de temps 36 projets en Belgique et aux Pays-Bas. A cette époque, je travaillais sept jours sur sept et parfois 16 heures par jour. J’ai réalisé près de 100 images finies pour chaque projet. En réalité, j'avais pris près du triple de photos. Avec autant de photos, il faut travailler de manière rationnelle. »
« Aperture n’affecte jamais votre image RAW d'origine. Ce faisant, vous utilisez peu d'espace disque supplémentaire et vous travaillez de manière très précise ! »
Et c’est précisément la force d’Aperture, selon Toon. Depuis qu’Aperture fonctionne avec une base de données, il est encore plus pratique. « J’étais l’un des premiers photographes à découvrir Aperture. J’étais critique. Lorsque la nouvelle version est sortie, j’étais étonné : tout était réellement au point. Tous les points pour lesquels j'avais émis des objections avaient été résolus. Incroyable ! » Il en va de même pour Capture iPro pour le développement net des images numériques brutes. « Cela fonctionne merveilleusement bien, même si c'est un peu plus lent ! »
« Aperture n’affecte jamais votre image RAW d'origine », poursuit-il. « Il suffit de décrire votre image et de lui associer des mots clés. Ce faisant, vous utilisez peu d'espace disque supplémentaire et vous travaillez de manière très précise ! Et vous pouvez toujours revenir facilement en arrière. Entre temps, d'autres concepteurs de logiciels ont copié ces caractéristiques, mais avec moins de précision. « Je ne voudrais changer pour rien au monde ! Aperture est une plate-forme fiable, d'excellente qualité, robuste, puissante et, en plus, vous bénéficiez d’un véritable service ! Si j’ai un problème, je veux qu’il soit résolu tout de suite. Avec Apple, c’est possible ! »