Capa Télévision et Final Cut Pro :
une symbiose parfaite
« Nous entamons notre quatrième saison avec Final Cut Pro » explique Alexandre Aufort, le directeur technique de Capa Télévision, un groupe de production audiovisuelle fort de trois entités principales. Pas d’effervescence dans les bureaux de la société en cette fin de mois d’août : certains tournages ont bien commencé, une conférence de rédaction bat son plein dans les sous-sols, mais le bouillonnement de la ruche, la nuée de monteurs et de journalistes affairés, ne prendra place qu’avec les premiers jours de septembre. Le groupe en profite pour réaménager ses salles de montage, toutes équipées de stations de travail Mac Pro dotées du nouveau Final Cut Studio.

Capa Télévision, c’est la société qui produit seule ou en coproduction, les émissions « Dimanche+ », « L’effet papillon » ou « Extérieur jour » sur Canal+. Mais elle se distingue aussi par ses reportages pour « Envoyé spécial », « Des racines et des ailes » ou « Thalassa » (France 3). Son agence de presse, dont tous les dirigeants ont été journalistes auparavant, a également réalisé pendant 10 ans l’ensemble des reportages de l’émission « Le vrai journal » et s’est distinguée dès sa création avec le mythique « 24 heures », une production hebdomadaire qui a perduré 6 ans. Capa produit chaque année près de 150 heures de programmes de presse télévisuelle pour l’ensemble des diffuseurs nationaux. Enfin, parallèlement, le groupe a décliné son savoir-faire journalistique dans des téléfilms et des programmes pour les entreprises.
"La salle de montage, c’est l’utérus de la télévision. Le fait d’avoir un parc qui permette à des gens dont ce n’est pas le métier au départ, de pouvoir le comprendre, l’apprendre et éventuellement s’y consacrer, m’a plu énormément " — Hervé Chabalier, fondateur de Capa.
« Nous faisons principalement des émissions qui s’adressent à l’industrie de la télévision, » reprend Alexandre Aufort. « Nous sommes toutefois des outsiders, nous ne sommes pas des gros du métier. Et nous nous caractérisons de deux manières. Tout d’abord, notre âme, c’est de comprendre les problèmes de notre époque. Seuls nous importent la proximité des faits, des gens et du quotidien. Il nous faut donc être très réactifs, être capables d’aller très vite jusqu’aux témoins pour les interroger et donner à nos journalistes les moyens d’exprimer ce qu’ils ont vu. Ensuite, nous travaillons de façon artisanale, avec l’amour de la chose bien faite. Nous sommes comme des Compagnons qui échangent et qui se partagent le savoir ainsi que la connaissance. Cette philosophie, nous la nourrissons depuis nos débuts. Alors, quand nous avons découvert Final Cut Pro, un outil qui favorise l’innovation, la découverte, l’échange et l’entraide, tout en fournissant les résultats que nous nous imposons, nous lui avons donné notre confiance. »
Pour remplir les objectifs journalistiques qu’elle s’est elle-même imposée, Capa s’appuie depuis sa création en 1989 sur le constat et la croyance farouche que la quête de l’information est amenée à évoluer en permanence. C’est au sein de cette agence que le métier de journaliste reporter d’images (JRI) a pris de l’épaisseur et a poursuivi sa mue. Durant la décennie 90, Capa a poussé les cameramen à devenir journalistes et les journalistes à s’intéresser à l’image et au son. Ce mode de production léger a forgé la réputation de l’agence, tout autant qu’elle a fait tâche d’huile dans la profession. Une génération entière de JRI est passée par Capa.
"Final Cut Pro redonne le pouvoir à la matière grise. Il fait disparaître la médiation qu’imposent les systèmes traditionnels. C’est un gain de temps et de souplesse incroyable. Un véritable amplificateur de collaboration"
En 2000, le défi que la société rencontre soudainement est différent. Il lui faut tout à coup répondre à la demande de nouvelles télévisions, les chaînes thématiques du satellite et du câble, dont les budgets ne rentrent pas dans les contraintes traditionnelles de la production télévisuelle. Première sur les rangs, i>Télé oblige Capa à se remettre en question.
« J’avais besoin des compétences humaines pour réaliser les 80 reportages annuels demandés », se souvient l’un des rédacteurs en chef de Capa, Jean-Paul Billaut. « Nous avions trouvé des solutions sur les caméras DV que nous utilisions, mais nous n’arrivions pas à trouver la bonne formule pour répondre à la demande à un coût acceptable. » Alexandre Aufort s’attelle donc à ce casse-tête chinois : il passe en revue les différentes solutions du marché et finit par être convaincu par la première version de Final Cut Pro. « Personne ne connaissait ce produit. Toute la profession a été étonnée : on nous disait que cette solution ne convenait pas parce qu’elle n’était pas fiable, » insiste Jean-Paul Billaut. « Adopter Final Cut pouvait en effet présenter un risque. Nous nous sommes néanmoins persuadés qu’il fallait faire ce saut. Nous avons donc équipé une, puis deux salles de montage. » Capa n’a pourtant pas l’ambition d’être une société de post-production. L’entreprise post-produit 40 % de sa production en interne et externalise le reste auprès de partenaires prestataires.

Alexandre Aufort




