"L'effet iBook" s'empare des minguettes

Portrait de réussite : Collège Elsa Triolet

Elève travaillant sur son iBook
Les élèves sont totalement autonomes. Leur attention dans l’utilisation des machines prouve la pertinence de la solution retenue, qui a été validée par le conseil médical du Rectorat de Lyon.
Une leçon contrôlée à distance

Dans la salle de l’UPI, les élèves sont habitués à aller chercher leur iBook dans l’armoire métallique de la Classe Mobile, et en prennent le plus grand soin. Chacun d’eux porte d’ailleurs une étiquette à leur nom, à la façon de celle que l’on trouve sur les livres ou les cahiers d’écoliers. « Ça fait un peu désuet, mais cela est vraiment utile : il y a une véritable appropriation des iBook, à l’instar de celle des autres outils pédagogiques d’une classe », précise Pierre Milko. « Les élèves ont d’ailleurs bien compris la filiation de ces portables avec l’iPod, qui est une référence dans le quartier ».

Dans la classe, Audrey Schalk, professeur des écoles responsable de l’UPI et chargée d’y enseigner les mathématiques et le français, s’apprête à débuter son cours, secondée par Thibault Fritsch, un assistant de vie scolaire. Chacun est équipé d’un iBook. La leçon peut commencer. Thibault Fritsch fait désormais figure de spécialiste : il utilise Apple Remote Desktop pour montrer aux adolescents ce qu’ils vont devoir faire. Le logiciel réplique l’écran de son ordinateur sur ceux de tous les élèves qui lui font face. Les iBook sont reliés entre eux sans fils grâce à la borne Wi-Fi Airport Extreme de la Classe Mobile. Celle-ci sert également de lien vers le réseau Novell du Collège et sa connexion Internet.

« Aujourd’hui, nous allons apprendre à sélectionner tout ou partie d’un texte et à l’utiliser à un autre endroit, par exemple dans un nouveau document », explique Thibault Fritsch, tout en montrant les consignes à l’aide de sa souris. L’application bureautique utilisée n’est autre que NeoOffice, un clone d’OpenOffice pour le Mac. Sur les iBook des élèves, la démonstration focalise l’attention. « Vous allez maintenant ouvrir le document qui se trouve sur votre bureau », ajoute Thibault, qui en profite pour abandonner son contrôle des iBook de la classe et passer en mode de surveillance afin de s’assurer que les élèves débutent bien l’exercice.

« Ne pensez pas que cet apprentissage soit un exercice simple », confie Audrey Schalk, qui passe d’un élève à l’autre, pour les aider. « Certains des enfants que vous avez devant vous déchiffrent à peine certains textes. Ici, par exemple, on trouve encore des enfants du niveau de cours moyen, voire cours élémentaire. Mais c’est un cas typique dans une UPI. Et avec cet exercice, nous mettons en œuvre des objectifs pédagogiques destinés à ce que ces élèves prennent confiance en eux, lisent des textes et suivent des consignes ».

L’ordinateur permet aux enfants d’être autonomes pendant que leur professeur s’occupe de ceux qui peuvent avoir du mal. Les iBook lui libèrent du temps pour vérifier qu’ils progressent tous à leur rythme. « C’est l’effet iBook », explique Audrey. « Avec cet ordinateur, ils sont assez paisibles. C’est un plus pour leur motivation. De surcroît, ils acquièrent de nouvelles compétences personnelles et scolaires ».

 

 Eleve surfant sur internet
Les exercices disponibles sur les sites Internet font partie de l’arsenal d’outils à disposition des enseignants pour se concentrer sur les apprentissages.

Trois petits tours… sur Internet

« Nous utilisons également beaucoup la recherche documentaire sur Internet », insiste Audrey Schalk. « Nous avons ainsi fait travailler nos élèves sur la BD. Il s’agissait de trouver des images sur Internet et d’utiliser les outils fournis sur les iBook pour les sélectionner. Enfin, il fallait ajouter des bulles de textes écrits par les élèves. Nous utilisons souvent la séquence “documentation sur Internet puis utilisation des informations collectées dans un logiciel de traitement de texte”, pour habituer nos élèves à la lecture et à l’écriture ».

En cette fin d’année, et alors que la chaleur envahit les classes, le cours est plus détendu. De la Classe Mobile, les élèves sont passés à l’école Internet buissonnière : tandis que certains testent leurs connaissances en mathématiques sur le site « champions de maths » en faisant un exercice d’écriture de nombres, d’autres testent en ligne leurs connaissances du code de la route au travers de petites vidéos.

 

C’est l’effet iBook. Avec cet ordinateur, les élèves sont paisibles, motivés et ils acquièrent de nouvelles compétences scolaires, personnelles, voire préprofessionnelles.  

Audrey Schalk, Professeur des écoles.

 

Des projets plein la tête

« Nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin », reprend Pierre Milko. « L’année prochaine, nous enchaînons avec l’équipement d’une classe de musique. Là aussi, Apple sera partenaire officiel. Il est convenu d’utiliser le logiciel de la suite iLife ‘06 intégrée aux Mac : GarageBand. Nous avons également un projet de « Musée Apple Mobile », avec le professeur de technologie : il s’agit d’étudier l’évolution de l’informatique au travers des ordinateurs Apple commercialisés ».

Aux Minguettes, « l’effet iBook » semble devoir définitivement dépasser la seule UPI. L’expérience démontre en tout cas que l’utilisation de la Classe Mobile dans des quartiers difficiles est réalisable avec tous types d’élèves. La révolution pédagogique numérique est en cours, et c’est sans doute elle qui réveillera à nouveau le goût d’apprendre, surtout auprès d’élèves qui n’ont pourtant pas toutes les chances de leur côté.