Les créatifs de demain formés sur Mac

Portrait de réussite : ESACC

L’arrivée du numérique dans la formation

« La photographie, la vidéo, le son, la PAO et l’animation multimédia font désormais partie du cursus » précise Sylvain Lizon. À brève échéance, nous intégrerons des systèmes de simulation et de création 3D. Aujourd’hui, la création numérique est devenue un point de convergence que les enseignants investissent ou traversent : volume, image fixe ou animée, écriture, édition… L’équipement installé suscite de nouveaux projets, des productions nouvelles, des formes de production différentes tant de la part des étudiants que des enseignants. »

Le département « gravure, estampe, sérigraphie, publication » est le premier à avoir développé une compétence pointue dans le domaine du numérique. Beaucoup d’épreuves tirées auparavant par les artistes sur des presses classiques sont orientées aujourd’hui vers l’impression jet d’encre. L’école bénéficie de la présence d’une enseignante spécialisée sur les enjeux numériques et qui maîtrise les techniques du Studio Franck Bordas, un éditeur et imprimeur d’art spécialisé dans l’estampe originale contemporaine.


« Ce qui fait la qualité du travail des étudiants, c’est entre autres choses, l’adéquation entre les enjeux conceptuels de leurs projets, les moyens de production et la justesse de ces moyens de production, qu’il s’agisse de papier, de plâtre, de métal, de ciment ou d’outils numériques… Ainsi, certains projets vont nécessiter plusieurs mètres cubes de matériaux, quand d’autres utiliseront des moyens minimalistes. Notre système informatique est suffisamment souple pour qu’ils disposent d’une grande latitude de création quand ils s’attaquent à une œuvre numérique, » détaille Sylvain Lizon. La plate-forme Xserve fournit les possibilités requises, alors que le numérique a vraiment fait une entrée remarquée dans l’établissement depuis 2006.

« Ces machines génèrent des possibilités qui n’étaient pas imaginables ou dans lesquelles les étudiants ne pouvaient pas se projeter auparavant, »

Sylvain Lizon, directeur de l’ESACC.


« L’école disposait d’une dizaine d’ordinateurs auparavant, Mac et PC. La somme de problèmes rencontrés était importante, » se souviennent Pierre Jeannot et Emmanuel Van Der Auwera, deux des étudiants de l’ESACC. « Il n’y avait que quelques machines connectées à Internet, et qui ne faisaient que cela. Le transfert des informations de ces ordinateurs vers les machines de création relevait du casse-tête et celles-ci étaient elles aussi dépassées. Il n’y avait pas de caméra tri-CCD, et les ordinateurs plantaient régulièrement. Dans notre nouvelle école, c’est l’opulence : disponibilité d’excellentes caméras, éclairages complexes, studio son et vidéo, une dizaine d’appareils photos numériques, un matériel audio bien équipé, des Mac très puissants qui nous permettent de réaliser tout ce que l’on souhaite. Nous disposons de toute la chaîne de création que l’on trouve dans le monde du travail. »

 Les nouveaux enjeux de l’audio et de la vidéo

L’audio et la vidéo se retrouvent au centre des nouveaux enseignements numériques. Pour preuve, un logiciel d’échantillonnage qui permet à tous les étudiants de pouvoir travailler le son a été installé sur la quarantaine de Power Mac G5 de la salle multimédia. Ils sont également équipés de Final Cut Express et de Final Cut Studio pour permettre les premiers « dérushages ».

Pour les usages plus avancés, l’ESACC dispose d’un studio son ainsi que d’une unité de post-production vidéo. « Le studio son est doté d’un Power Mac G5, de cartes professionnelles, d’un système de mixage et de différents logiciels, dont Logic Pro. La question du son se développe beaucoup actuellement, même en dehors de la vidéo : il y a ici une activité musique importante. Or, nombre de groupes de musique sont nés dans les écoles d’art. Nous avons commencé à réaliser des enregistrements musicaux et sommes en train de monter un label de musique qui va enregistrer et diffuser ses productions musicales, » explique Sylvain Lizon.


« Je travaille sur la notion de limites ou de frontières entre les choses », explique Pierre Jeannot, à propos de son projet de fin d’études. « Tout ce qui est de l’ordre de la réalité et de la fiction, le rapport entre matières et matériaux, le son, les matériaux liquides, la notion de friction, les états de transition. Je pense qu’il s’agit des moments les plus importants. J’essaie de les capter, de les comprendre et de les explorer au travers de différentes démarches, notamment les frontières entre la musique et l’art plastique. Pour cette raison, les moyens mis à disposition me permettent de travailler les matières sonores, les sculptures sonores, de réaliser des travaux sur la fréquence. Nous avons tout sous la main pour que notre travail soit fait rapidement, ce qui nous permet de disposer de beaucoup plus de temps pour y réfléchir. »

« Ces machines génèrent des possibilités qui n’étaient pas imaginables ou dans lesquelles les étudiants ne pouvaient pas se projeter auparavant, » souligne Sylvain Lizon. « Et en même temps ce sont des systèmes qu’ils vont retrouver dans leurs environnements professionnels. » À l’ESACC, les Power Mac G5 du studio vidéo sont configurés comme dans les studios de post-production, et pourvus de deux écrans Apple Cinéma Display de 20 pouces et d’un moniteur pour les fonctions de contrôle et de finalisation. « Ces machines sont équipées des deux principaux logiciels qu’on retrouve dans le milieu : Final Cut Studio et Avid dans des versions HD. Ils les retrouveront s’ils s’orientent vers le film documentaire, la télévision ou le cinéma. »


Une professionnalisation accélérée

L’utilisation de la vidéo s’étale sur les 10 semestres de la formation : si lors des premiers semestres, il s’agit de donner aux étudiants l’autonomie technique nécessaire pour appréhender son utilisation lors du cursus, et notamment d’acquérir la maîtrise de Final Cut Pro HD, les enseignements s’orientent ensuite sur la réalisation d’un travail plastique, le traitement de l’image ou encore le matériau sonore.

« Il y a une très nette évolution de la production des étudiants depuis que nous avons ces outils : des choses plus abouties, plus finies, plus ambitieuses dans le champ de l’image numérique. Lorsqu’ils conceptualisent leurs projets, les étudiants le font en fonction des outils mis à disposition. S’ils ne les ont pas, l’idée même du projet ne viendra pas. Aujourd’hui, la façon dont les étudiants investissent le studio vidéo ou le studio son démontre le lien de causalité entre les ressources et la création. Quand vous êtes un professionnel aguerri, vous avez une idée claire des outils mis à votre disposition. L’étudiant lui, a une vision du potentiel offert par son école. Si l’école offre plus d’outils, cela influence son parcours et jusqu’à son avenir professionnel. »

Et Sylvain Lizon de résumer : « nous sommes dans une société qui est passée d’une ère industrielle à une ère de construction de tuyaux, qu’ils soient matériels ou immatériels. Tous les flux d’images, de sons, de vidéo que l’on trouve sur Internet, à la télé et ailleurs sont créés par des gens qui sont passés par des écoles comme celle-ci pour les alimenter. Les professionnels qui font de l’habillage de site, qui travaillent dans des sociétés audiovisuelles, ou qui développent des jeux vidéo ou toutes sortes de créations numériques, sont passés par des écoles d’art, pour beaucoup d’entre eux. » Les premières générations d’étudiants prêts à sortir de l’ESACC disposent, en plus de leur formation généraliste solide, d’une formation audiovisuelle adaptée au monde professionnel.


Crédits photos : Jürgen Nefzger.

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