Biarritz, Paris : deux étapes pédagogiques régionales attendues.
Portrait de réussite : ITICA 2006
Les langues en point d’orgue
Avec un exposé en exergue et un atelier courant sur deux jours, l’apprentissage des langues figurait en bonne place des usages mis en valeur. Laurence, une stagiaire de l’ITICA 2005 devenue ADE, montre les réalisations de ses élèves. Leur Podcast, Ondacamus, est un journal télévisé en espagnol. Ce sont ses élèves de lycée qui le présentent. Évidemment, comme pour toute production audiovisuelle, la vidéo ne représente que le sommet de l’iceberg. Du choix des informations à leur présentation, les jeunes sont en réalité plongés dans une évaluation de leurs compétences écrites, de compréhension ou d’expression orale permanente. Une situation authentique qui les met en valeur. Et Laurence ne compte pas s’arrêter là. « J’imagine qu’il serait possible de s’appuyer sur une ressource vidéo libre de droit sur Internet, d’en sélectionner certaines parties et de demander aux élèves d’insérer des sous-titres, d’intercaler des prises de vues qu’ils auraient prises. » L’enseignante a passé en revue tout ce qui permettrait aux lycéens de se mettre à parler. « J’ai en projet d’organiser des visioconférences avec des élèves de leur âge d’un établissement étranger pour leur faire utiliser le vocabulaire de la vie de tous les jours », dévoile l’enseignante. « Tous les cas de figure sont imaginables : des dialogues dans une langue ou dans l’autre, ou encore des questions-réponses où chacun s’exerce dans la langue de l’autre. »
Le tableau passe au numérique
Pour autant, l’écrit n’était pas en reste. Mais quel écrit ! « Il y a un énorme chantier d’écriture en cours », souligne Pierre Lacueille. « Le Tableau blanc interactif (TBI) et l’ENT (Environnement numérique de travail) permettent une traçabilité de l’écrit. » En France, un programme d’installation de 1 000 TBI a été lancé. Dans les Landes, l’utilisation de cet outil repose sur un ciblage par discipline. À Biarritz, un TBI de la société Promethean© était présenté dans une version aux fonctionnalités étendues. C’est Stéphane, un instituteur d’une école de Paris, qui en faisait la démonstration. Un câble branché à son MacBook Pro et 10 secondes plus tard, la démonstration commence. « Il y a plusieurs niveaux d’utilisation de cet outil », assure le maître des écoles, qui est également formateur en IUFM. « La première possibilité, c’est de l’utiliser comme un ordinateur mais directement au tableau. Une seconde possibilité consiste à annoter tout ce qui se présente, sur n’importe quel type de document. L’avantage de ce tableau, c’est qu’il offre en plus la possibilité de retrouver toutes les séquences de cours par lesquelles vous êtes passés. La troisième option, consiste à l’utiliser comme un tableau blanc. Actuellement, je n’utilise plus que le TBI .» Dans la salle de conférence, les questions fusent : « qu’en est-il en musique ? Combien coûte cet outil ? Qu’en font les élèves ? ». Utilisation magistrale, démonstration, exercices, mise en valeur de supports actualisés (comme des cartes géographiques), mise en scène, illustration… Les possibilités de l’instrument semblent infinies. « J’aurais du mal à m’en passer maintenant », avoue Stéphane. « Je peux reprendre par exemple tout ce qui a été fait dans la classe au tableau, et le classer par matière ou par progression .»
"Je vais me doter d’un Mac pour présenter à mon chef d’établissement l’importance de ces outils pour enseigner le français langue étrangère. J’ai également l’intention de créer un journal du collège."
Anne-Marie, professeur de lettres.
Des switchers enchantés
La formule plait : ITICA 2006 a en effet réuni plus de 200 profs sur ses deux sessions, dont environ 40 % de nouveaux venus au Mac. À Biarritz, chacune des 10 formations données en simultané voyait la participation de plusieurs switchers. « Je suis venue pour bénéficier d’une formation très rapide au Mac », révèle Anne-Marie, professeur de lettres en français langue étrangère. « J’ai découvert une grande convivialité, des gens ouverts et surtout, qu’on n’est pas si “nuls” qu’on veut bien le croire .» Après deux jours sur place, personne n’y croirait : Anne-Marie repart avec quelques munitions dans ses bagages pour lancer un projet d’utilisation des TICE dans sa classe de 7 élèves primo arrivants, tous de pays distincts : Tchétchénie, Turquie, Maroc ou Ukraine. « Je vais me doter d’un Mac pour présenter à mon chef d’établissement l’importance de ces outils pour enseigner le français langue étrangère. J’ai également l’intention de créer un journal du collège. »

Deux étages plus bas, des professeurs venus du monde du PC restent bouche bée devant les projets qu’ils peuvent accomplir en musique avec un simple iMac. Philippe retire son casque des oreilles. « Ce stage m’a vraiment donné envie. Il y a tant de problèmes sur PC. Je viens de suivre les formations sur la création de musiques de films, d’histoires sans images et de création de chansons. L’avantage du Mac, c’est vraiment sa capacité à s’effacer, à se faire oublier, pour que l’élève se concentre sur ce qu’il fait .» La motivation première de ce maître, qui enseigne dans une école de trois classes, repose sur la création d’un projet de DVD de danse contemporaine. « Je sais que je peux utiliser GarageBand et Band-in-a-box pour le réaliser. Mais pour financer l’acquisition du matériel, il me faudra m’appuyer sur la coopérative de l’école, les parents d’élèves, une association et la mairie. »
Dans une autre salle, un couple d’enseignants, s’attache à faire de la mise en page en allant piocher des images sur internet pour les glisser-déposer dans un document créé sous Pages. Jean-Marie montre à Annie ce qu’il vient apparemment d’apprendre pendant la formation. Le geste n’est pas assuré, les explications parfois embrouillées, mais le résultat est là : en moins de deux heures, les stagiaires savent déjà préparer des maquettes de journaux. « C’est vraiment formidable ce qu’il nous a été possible de découvrir ici. On reviendra », glissent, enthousiastes, les deux professeurs. Et à n’en pas douter, ils ne seront pas les seuls…
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Les stars de l’ITICA, sont en fait les 40 ADE, ces professeurs du primaire, du secondaire ou du supérieur, qui ont développé un talent particulier à enseigner numérique. Annie et Patrice, simples stagiaires à l’ITICA 2005 avaient ainsi fait le déplacement de Biarritz. Annie, c’est la maîtresse de