L’UNS prend le leadership des contenus pédagogiques numériques
Portrait de réussite : université de Nice Sophia Antipolis
Vers une appropriation des contenus pédagogiques
« Une fois ces contenus emmagasinés, il faut encore pouvoir les restituer, » ajoute Christophe Bansart. « Nous avons sélectionné deux moyens d’accès. D’abord un kiosque en ligne, qui diffuse nos contenus au format Flash, que nous avons retenu en raison de son ubiquité. Et puis il y a le format podcast audio et vidéo ; la souplesse de la baladodiffusion permet un accès en mode connecté depuis un ordinateur ou déconnecté sur un baladeur numérique tel que l’iPod. »
Christophe Bansart ouvre son MacBook Pro 15 pouces pour montrer des exemples de contenus mis en ligne au travers du Kiosque de l’université. Celui-ci a été mis en place pour naviguer dans les podcasts et visionner les médias édités par les personnels de l’institution. À l’automne 2007, ce sont plus de 5 Go de leçons, de conférences, de colloques, de documentaires pédagogiques et de reportages, qui sont mis à la disposition du grand public. Sans compter les cours enregistrés, disponibles aux seuls étudiants, ou encore les archives datant d’avant la rentrée 2007.
Mais l’arrivée des podcasts n’a pas seulement amené l’UNS à réfléchir aux différents modes de diffusion. À partir de la problématique de sauvegarde, d’autres usages possibles se sont fait jour. Une fois Christophe Bansart convaincu de la puissance de la solution, l’extension de son utilisation aux autres besoins des professeurs dans toutes les filières devenait une évidence. « D’autant plus que nous disposions d’une expertise pédagogique d’intégration de vidéo de cours au travers d’enseignements à distance comme la préparation du Capes et de l’agrégation, ou de la version “ESSQU@D” de notre master d’Ingénierie du système de santé ».
"Nous avons sélectionné deux moyens d’accès : un kiosque en ligne et le format podcast audio et vidéo. La baladodiffusion a ceci de flexible qu’elle est accessible en mode connecté depuis un ordinateur ou sur un baladeur numérique comme l’iPod."
Mis en place depuis mars 2007, Podcast Producer et l’accès aux podcasts pédagogiques prennent peu à peu leur place. L’université de Nice est parvenue à insuffler un esprit de fonctionnement similaire aux WebTV, mais à un coût dérisoire et sans nécessiter d’équipe éditoriale. L’offre s’inscrit ainsi dans une démarche de fourniture de nouveaux services aux étudiants. Elle donne accès à un nouveau moyen d’apprendre en répétant, et permet à l’Université d’enrichir son savoir-faire de visioconférences. Les autres publics concernés par ces contenus touchent différents enseignements : économie-gestion, LEA, droit, chimie, STAPS, ou même philosophie.
« Le fait de podcaster mes cours me permet d’amener d’autres étudiants à les suivre, » explique Jean-Luc Gautero. Ce maître de conférence en épistémologie, logique et histoire des sciences utilise un iPod nano équipé d’un micro-cravate pour enregistrer ses cours. « Parmi mes étudiants, il y a beaucoup de jeunes non-francophones issus du programme Erasmus. La mise à disposition de mes cours leur permet de les réécouter et de les comprendre. De même pour les auditeurs libres. Ces étudiants atypiques, souvent des personnes âgées, utilisent les podcasts pour mettre leurs notes au propre et clarifier leur compréhension de mes interventions. Je n’ai pas pour autant changé ma façon d’enseigner. En revanche, arrivé chez moi, je convertis le cours au format MP3 dans iTunes, et je le mets à disposition sur le site de l’université. »

Il s’agit de la seconde phase de l’expérience : l’UNS met désormais à disposition de ses enseignants une mallette pédagogique comprenant l’équipement utilisé par le professeur Gautero. Celui-ci a enregistré une cinquantaine d’heures de cours au début 2007, et poursuit l’expérience depuis la rentrée de septembre. Trente iPod sont ainsi mis à disposition des enseignants, afin de favoriser la généralisation de ces usages.
« Pédagogiquement parlant, il y a deux approches de l’utilisation des contenus audio et vidéo numériques, » reprend Christophe Bansart. « Le service de masse aux étudiants, qui peut être comparé à ce que font les universités américaines comme Stanford au travers du programme iTunes U. Mais il y a également l’approche que nous avons commencé à initier : l’appropriation des contenus par les enseignants dans une optique de scénarisation. Il s’agit alors d’enrichir les contenus enregistrés pour dépasser le présentiel (la présence obligatoire des étudiants aux cours) et s’orienter vers du travail collaboratif. »
Il est encore un peu tôt pour observer une modification des comportements des enseignants et des étudiants dans ce domaine. Il s’agit d’un travail de longue haleine, qui demande un investissement non négligeable. Mais le nombre d’abonnés aux podcasts pédagogiques est en augmentation constante depuis la rentrée à mesure que l’offre de contenus augmente. « Nous ne rencontrons plus vraiment de réticence à la mise en ligne de contenus, à condition d’offrir le cadre pédagogique adapté, » assure Christophe Bansart. « Nous avons débuté la formation des enseignants pour qu’ils puissent s’offrir la possibilité d’interagir sur leurs contenus et être prescripteurs auprès des étudiants. »
En fait, les contenus numériques donnent un nouvel espoir aux universitaires : ils permettent de rouvrir les différents champs disciplinaires et de mettre en place des passerelles entre des enseignements jusqu’à présent arbitrairement découpés. Les autres universités de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ne s’y sont d’ailleurs pas trompées : celles d’Avignon, de Marseille et de Toulon se sont laissées convaincre par l’expérience du podcasting de l’université de Nice. Déjà, elles ont fait l’acquisition de plusieurs dizaines d’iPod et d’une solution Podcast Producer. Les enjeux de la pédagogie numérique ont déjà dépassé le seul Parc Valrose et la Baie des Anges.

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