Des affiches et des Mac
Impression

Imprimer une affiche 4 x 3 m à partir d’une création artistique et publicitaire de 40 x 30 cm nécessite de corriger les imperfections du fichier, invisibles sur le document d’origine mais apparaissant comme le nez au milieu de la figure une fois agrandies 10 fois. Et sur quels ordinateurs ces corrections sont-elles faites ? Sur des Mac. Voici ce qui se passe à l’Affiche Européenne, à Asnières, l’une des 17 unités de production du groupe européen Impression, présent dans 18 pays à travers 34 représentations commerciales. Ce groupe, spécialisé dans l’impression d’affiches en extérieur et de publicité sur les lieux de vente, est sans rival en Europe de par ses capacités d’interconnexion des technologies et d’impression.
Puisque nous avons choisi des Mac comme stations de travail, la cohérence voulait que nous ayons des serveurs Apple
La pression sur les délais comme sur les prix
"Tout comme dans les imprimeries qui effectuent des travaux traditionnels, nous devons respecter des prix très serrés bien que le budget de l’impression n’entre que pour une faible part dans le coût global d’une campagne d’affichage", précise Cyril Parisot, directeur technique". Et, si l’annonceur bénéficie d’une opportunité, 50 % de réduction sur la location d’espace par exemple, il se précipite sur cette offre et ne nous accorde que 48 heures pour imprimer ses affiches. Nous devons donc faire au mieux avec ce que nous recevons".
Et pour faire au mieux, les fichiers reçus sont systématiquement vérifiés et corrigés sur trois Power Mac. "Nous pouvons nous permettre ces vérifications minutieuses donc longues parce que nous ne recevons qu’une vingtaine d’affiches par jour", souligne Cyril Parisot.
Les fichiers, créés le plus souvent dans Quark XPress, arrivent sur CD-ROM soit au format natif, soit en PDF ou en TIFF IT. "Certains nous envoient même parallèlement le fichier TIFF IT et le fichier natif pour nous permettre de faire des corrections de dernière minute", précise en souriant Cyril Parisot. Tous ces fichiers sont stockés sur l’un des trois Xserve.
Une impression recto-verso
Savez-vous que toutes les affiches sont imprimées recto-verso ? Il existe deux cas de figure :
— si l’affiche est collée, le verso est enduit d’une couche d’encre bleue ;
— si l’affiche est rétro éclairée, le verso est imprimé, à l’envers évidemment, mais en trois couleurs seulement (cyan, magenta, jaune) qui simulent la quadri grâce à un profil ICC; cette impression évite un effet "pastel" lorsque l’affiche est rétro éclairée et le noir est simulé par la trichromie pour réduire les coûts de calage (un en moins).
Les fichiers correspondants sont créés lors des travaux de vérification sur les Mac. Quant aux tirages, "ils sont très faibles, de l’ordre, en moyenne, de 2 000 exemplaires, 10 à 15 000 pour une campagne européenne", calcule rapidement Cyril Parisot.

Une imposition à l’envers
Une imposition classique consiste à regrouper et à imposer des pages indépendantes au format de la presse. L’impression d’une affiche consiste à faire rigoureusement l’inverse, c’est-à-dire à découper une page en plusieurs morceaux. Ainsi les affiches en 4 x 3 m sont-elles découpées en 6 ou 8 morceaux selon les besoins de l’afficheur ou les possibilités de l’imprimeur, celles de 3,20 x 2,40 m le sont en 4 morceaux. "En impression numérique, nous pourrions très bien les imprimer en un seul morceau, mais l’affiche serait incollable", souligne Cyril Parisot.
Si, en impression numérique, il existe un logiciel de découpage des fichiers, PosterWorks, il n’en est pas de même en impression offset. C’est un outil "maison" qui permet de traiter ce découpage pour la production en offset, en combinant un petit programme AppleScript et un flux de production FullPress de chez Xinet sur Xserve.
Le fichier de 40 x 30 cm est agrandi puis envoyé au RIP via l’OPI. En sortie de RIP il est mis à disposition des CTP Creo ou Basys Print pour gravure des plaques.
Malgré tout, Cyril Parisot ajoute : "il nous manque un vrai flux de production destiné à l’affiche, mais on y travaille activement".

Les Xserve deviennent la plaque tournante de l’entreprise
Actuellement, un nouveau système de transmission des fichiers entre les différentes unités de production est expérimenté dans le groupe Impression. Un Power Mac connecté à un serveur Xserve à Asnières sert de point d’accès aux fichiers envoyés par les clients ou une autre unité du groupe. Ces fichiers sont tirés sur une imprimante d’épreuvage. Puis les fichiers définitifs sont transférés aux différentes unités de production concernées, avec MassTransit de chez Group Logic. Cyril Parisot poursuit : "Le problème que nous rencontrons est la mise au point d’un standard d’épreuvage".
"Ce système de transfert de fichiers ne fonctionne pour le moment qu’en interne mais nous pensons ouvrir ce réseau aux clients", pronostique-t-il. "Ainsi ces derniers n’auront qu’un accès unique pour l’impression et nos serveurs Xserve serviront de point de commutation pour une redistribution en fonction de la charge de travail de chaque unité d’impression et de sa spécialité, offset, numérique ou sérigraphie".
Je n'ai même plus besoin de mettre des antivirus sur les serveurs, les Xserve tournent sans souci
Avec Xserve, pas besoin d’antivirus
Pourquoi avoir installé des Xserve depuis deux ans et demi ?
"Puisque nous avons choisi des Mac comme stations de travail, la cohérence voulait que nous ayons des serveurs Apple", exprime avec conviction Cyril Parisot. Mais d’autres paramètres sont entrés en ligne de compte : ainsi, "je n’ai même plus besoin de mettre des antivirus sur les serveurs, les Xserve tournent sans souci ; ensuite, la base Unix de l’OS est un élément de sécurité et de robustesse important ; enfin, nos applications tournaient sur Mac OS X".
"Nous n’avons pas retenu les PC comme serveur car le couple FullPress/PC ne nous a pas satisfaits".
Une extension progressive d’Xserve sur les autres sites
Cyril Parisot, directeur technique de Impression Image International.